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Choisir une crème solaire : comment faire le bon choix ?
Vous êtes devant le linéaire de produits solaires. C’est beau à vous en donner le tournis : tout est jaune, orange, vibrant, éclatant. Votre main attrape un tube et là stupeur : c’est écrit en langue étrangère et en signes cabalistiques : phototype, SPF, IR, UVA, UVB.
Pas de panique, il ne s’agit que d’indications permettant de caractériser les qualités du produit.
Pour une adopter une protection efficace, il devient indispensable de comprendre ces éléments. Décodage assisté...

Les indices de protection : FPS veut dire « facteur de protection solaire » (en anglais SPF Sun Protection Factor). Il était autrefois baptisé IP ou IPS (Indice de Protection – Solaire). CQFD : c’est la même chose. Jusqu’à l’année dernière, le coefficient de protection était indiqué par des chiffres (de 5 à 100…). Les professionnels savaient parfaitement que la différence de protection entre un indice 30 et un indice 50 par exemple était minime (alors que celle existant entre un produit 5 et un autre évalué à 30 est tout à fait réelle). Une nouvelle norme est décidée depuis peu qui interdira ces écarts sans fondements pour proposer 4 niveaux de protection : faible, moyenne, haute, très haute (1). Conséquence : l’appellation « écran total » si rassurante (et pourtant si fausse) n’existera plus. Tant mieux, aucun écran n’a jamais bloqué l’intégralité des UV. Et, oui, un indice, aussi fort soit-il laisse encore passer 3% des UVB. Voilà comment on peut revenir bronzée même en ayant appliqué scrupuleusement le produit.

D’abord IP 20, ça veut dire quoi ? La base, c’est le coup de soleil. Bon. Expérience faite, vous savez qu’il vous faut un rien de temps pour attraper un coup de soleil, mettons 15 minutes, comme beaucoup d’entre nous. En théorie, avec un IP 20, vous serez protégé contre 20 fois la dose d’UV qu’il vous faut pour "roussir". Exemple, si une personne a un coup de soleil au bout de 10 minutes sans protection, un IP 15 signifie qu'il lui faudra 2 h 30 (soit 15 fois 10 minutes ou 150 minutes) pour obtenir le même coup de soleil avec ce produit solaire. Donc, en théorie, plus l'indice est élevé, meilleure est la protection.

Mais quand les crèmes solaires sont testées, la quantité de produit appliqué sur le volontaire est de 2 mg par cm2 de peau. Nous sur la plage, nous appliquons péniblement la moitié de cette quantité, si ce n’est 4 fois moins pour les plus radines ou les plus fainéantes. C’est la raison qui pousse les dermatologues à considérer l’indice de protection réel comme étant celui inscrit sur tube ... mais divisé par deux ! Et, par conséquent, à conseiller des indices élevés, des applications de produit en grande quantité : un tube de crème ne devrait pas durer plus de 3 jours ...

Et la protection contre les UVA ? Pour rappel, elle est fondamentale pour préserver la jeunesse de votre peau, les UVA étant une des causes majeures du vieillissement cutané. Actuellement, il n'existe pas d'indice de protection contre les UVA qui soit officiellement reconnu. Certaines crèmes donnent quand même un indice UVA, mais les méthodes utilisées étant différentes, il ne permet pas d'effectuer de comparaisons entre des marques différentes. Chaque laboratoire réalise ses propres évaluations avec ses grilles d'interprétation "maison"...comment s'y retrouver? (2).

Enfin, on peut lire parfois PPD, abréviation de "Persistent Pigment Darkening ", la mesure de la pigmentation immédiate résiduelle après deux heures d'exposition solaire sur une peau non protégée. Les UVA sont responsables de cette pigmentation, c'est la raison pour laquelle l'indice PPD est synonyme d'indice UVA (unique procédé reconnu au Japon et actuellement à l'étude par La Communauté Européenne) (6).
Attention ! Très bientôt, (2007/2008) l'étiquetage des produits va changer: les quatre catégories de protection (faible, moyenne, haute et très haute) doivent apparaîtrent aussi lisiblement que l'indice en chiffre(s) qui dorénavant passe de 6/10 à 15/20/25 puis 30/50 pour terminer par 50 +. On ne trouvera plus de produits indice 8 ni 40. Enfin le rapport UVA/UVB a été réglementé, devant être au minimum d'un tiers.

Comment appliquer ? De l’application dépend votre protection. Et pour que celle-ci soit optimale, il faudrait appliquer 2 mg de crème solaire par cm2 de peau, soit un quart de tube de 125 ml à chaque exposition.
Dans les faits, pour des raisons d’économie ou par oubli (paresse ?), la plupart d’entre nous n’applique qu’1mg par cm2 de peau. Ce qui divise par deux, l’indice de protection. Moralité : pour être protégée efficacement, appliquez le produit en quantité !

Combien de fois ?: « appliquer régulièrement » ou « renouveler périodiquement l’application », voilà ce que l’on peut lire sur les boites et tubes de produits solaires. Ce qui nous ne nous informe pas. Les professionnels recommandent d’appliquer du produit toutes les deux heures environ. La sueur, le sable, les frottements sur la serviette et bien sûr les bains font progressivement disparaître la protection.

La date limite d’utilisation : est indiquée comme sur tous les produits cosmétiques, représentée par un petit pot avec le nombre de mois. Dans le cas spécifique des produits solaires, il est recommandé de les renouveler tous les ans. Ils sont en effet particulièrement sensibles aux températures extrêmes et peuvent se dégrader au point de ne plus offrir la protection indiquée.

Les filtres - Chimiques, minéraux, organiques, ces mentions sont souvent présentes sur les produits. Comment choisir ?

Les filtres chimiques (appelés aussi « synthétiques », « chimiques organiques »):
Ils sont absorbés par l’épiderme. Ils réceptionnent le rayon UV et le transforme en en élément non nocif pour la peau. Ils présentent des désavantages établis: ils peuvent être allergisants, ne sont effectifs qu’au bout de 20 minutes après leur application. Des controverses ont vu le jour, nécessitant, pour y répondre, les conclusions de recherches plus pointues: certains filtres chimiques seraient capables de se comporter comme des hormones femelles) (5).Les filtres chimiques se trouvent sous les noms de Mexoryl SX, Avobenzone, Tinosorb (ceux-ci absorbent les UVA). Pour les UVB : methoxycinnamate, homosalate, octocrylène, acide sulfonique, tinosorb (4).

Les filtres minéraux (ou « écrans », « filtres physiques »)
Ce sont des poudres d’origine minérale, des pigments blancs. En restant à la surface de la peau, ils renvoient la lumière, un peu comme le ferait un miroir. Ils sont repérables dans les formules sous les noms d’oxyde de zinc ou bioxyde de zinc et de dioxyde de titane ou bioxyde de titane (4). Ils sont souvent présents dans les produits pour enfants car ne provoquent pas d’allergies.

Photostable, cela veut dire quoi ?
C’est le synonyme d’un produit qui ne perd pas son efficacité au cours de l’exposition solaire. Certains filtres se dégradent au fil des minutes, n'apportant finalement qu’une protection amoindrie au vu de leurs revendications. C’est le cas notamment de l 'avobenzone (filtre UVA). Après une heure d’exposition, il n’est plus protecteur… Il est stabilisé en revanche quand il est associé aux filtres suivants : octocrylene 4, methylbenzylidene camphor ou terephtalilydene dicamphor sulfonic acid. Des techniques de microcapsules permettent de stabiliser les filtres et de les maintenir à la surface de la peau.
Reconnu pour son innocuité et sa stabilité : le Mexoryl (drometrizole trisiloxane ou Mexoryl XL et terephtalilydene dicamphor sulfonic acid ou acide téréphtalylidène sulfonique camphre : Mexoryl SX). Dans la catégorie filtres minéraux le dioxyde de titane (titanium dioxide) et l’oxyde de zinc (zinc oxyde) sont également photostables.

Thermostable ? Le produit contient un filtre qui résiste aux hautes températures.

Water résistant / Waterproof : permettent de résister à l’eau. Malheureusement, il est difficile d’établir une échelle, aucun test, aucune norme de référence n'existant. Certains laboratoires vendent leur produit comme waterproof si sa protection est la même avant et après deux bains de 20 minutes (séchage compris…c'est la norme américaine). Pour d’autres, il il faut qu’il soit toujours aussi performant après 4 bains…

Les textures : lait, crème, huile, gels, sticks, lingettes … que de choix !
Qui dépendent de vos goûts… Traditionnellement, la crème est dédiée au visage car plus onctueuse. Elle serait trop peu pratique à appliquer sur le corps qui réclame des textures plus fluide, donc le lait. Les lingettes sont pratiques pour les retouches, les sticks sont vendus pour les lèvres, le nez mais sont ponctuellement aussi efficaces pour l’ensemble du visage ou pour le dos des mains (à avoir en permanence dans son sac). Les logos…. indiquant s’il s’agit d’un produit pour la mer, la montagne … ne sont que des astuces marketing pour pousser les consommateurs à multiplier les achats. Un produit solaire pour la mer pour être aussi efficace pour la montagne. Seul argument peut-être : la texture de certaines formulations pour la montagne (donc l’hiver) est plus dense, plus couvrante.
Le Dr Nick Lowe (4 )dermatologue, chercheur et chirurgien, recommande le spray, « non gras, qui sèche rapidement qui offre de grandes résistances à l’eau, avec une très haute protection ».

Pour aller plus loin... Le bronzage comment ça marche ? La peau réagit en deux temps au soleil. Elle commence par se colorer presque immédiatement, dans les minutes qui suivent l'exposition au soleil, mais... ce hâle disparaît dans les heures qui suivent. Il s'agit simplement d'une réaction entre les UVA et les pigments de mélanine étant présents alors dans l'épiderme. Le "vrai bronzage" lui n'apparaît qu'après deux jours, le temps que la mélanine soit synthétisée (La mélanine est fabriquée par les mélanocytes et constitue une forme de défense du corps contre le rayonnement solaire. Hélas, elle est très insuffisante pour protéger la peau efficacement de la quantité de rayons que nous recevons).

Sources :
1. AFSSAPS, Agence Française de sécurité sanitaire des produits de santé - juin 05.
2. Site du Gouvernement français, ministère de l’Economie et des Finances (www.finances.gouv.fr): Rapport du Conseil National de la Consommation sur les produits cosmétiques de protection solaire ; Oct 2000
3. L’Oréal
4. Dr Nick Lowe "Away with wrinkles" Gardners Books
5.thierrysouccar.com « des hormones dans vos crèmes solaires »
6.L'Oréal
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